Une représentation de la société: la Toupie et le Sablier
La référence à la toupie est inspirée par Henri Mendras ( 1994, La seconde révolution française, Gallimard), et par sa toupie de la société française.
| C'est la forme toupie qui est ici proposée montrant une société organisée autour de deux "constellations" : la constellation centrale composée de cadres, d'ingénieurs et d'enseignants et la constellation populaire rassemblant ouvriers et employés. Gravite autour de cette masse (qui concentre les trois quart de la population) la galaxie des indépendants (15 %) tandis que se positionnent aux extrémités les pauvres (7 %) et l'élite (3 %). |
| La représentation graphique ( schéma à droite) présente un profil de toupie , puisque, dans la plupart des pays connus, les gens dont le revenu est intermédiaire sont plus nombreux que ceux caractérisés par une extrême richesse ou par une extrême pauvreté. Cette toupie est dautant plus « ventrue » quun pays est plus égalitaire( moyennisation de la société), au sens où riches et pauvres sont peu nombreux au regard des gens moyens. | ![]() |
Le processus de moyennisation de la société lors des trente glorieuses a fait place à de nouveaux déchirements sous les coups conjugués de la crise économique et de la mondialisation de l'économie: la fracture sociale semble de retour. C'est elle qui suggère à A. LIPIETZ (La société en sablier, 1996) de substituer à la toupie, le... sablier. La métaphore a ici la vertu de suggérer un mouvement à l'uvre aujourd'hui dans le corps social. En réalité, l'auteur s'appuie d'abord sur l'inégalité de la répartition des revenus pour construire son schéma.
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Dans son ouvrage publié en 1996, La société en sablier, Alain Lipietz retrace la " déchirure sociale ". L'auteur ne décrit pas l'univers des groupes sociaux mais l'inégalité de la répartition des revenus : notre société aurait une forme de sablier (voir illustration) qui apparaît lorsque l'on superpose deux graphiques différents. En haut, la répartition par décile (fraction de 10 %) des contribuables en fonction de la part du revenu dont chacun de ces déciles dispose. En bas, celle des déciles de revenus en fonction de la part de contribuables qu'ils représentent. Le gonflement du haut du sablier tient au fait que les 10 % les plus riches des contribuables disposent d'une part importante (un tiers environ) des revenus, le socle au fait que les premiers 10 % de revenus représentent une part importante (plus d'un tiers) des contribuables. Selon l'économiste Alain Lipietz la France est marquée par une " polarisation des revenus entre une minorité de riches, qui gagnent beaucoup, et une majorité de pauvres, qui gagnent peu, tandis que fond la part des classes moyennes ". Un peu partout dans le monde, on notait des tendances similaires et on cherchait à établir un lien entre mondialisation, révolution technologique et creusement des inégalités. |