
On appelle mondialisation, l’échange généralisé entre les différentes parties de la planète. Ce phénomène n’est pas nouveau mais il a connu une accélération récente.
* Une explosion récente des flux mondiaux qui ignorent les frontières
Des flux relient principalement les puissances économiques de la Triade (plus de 80% des flux ont lieu entre les pôles de la Triade) et un certain nombre de pays du Sud, que ce soient :
des flux humains (200 millions de migrants internationaux dont 25 millions de clandestins, 25 millions de réfugiés, plus de 800 millions de touristes)
des flux de marchandises (flux d’hydrocarbures représentant 1/3 des échanges, de matières premières, de produits agricoles, de produits manufacturés profitant des délocalisations et de la segmentation de la fabrication des produits)
des flux d’informations et de biens culturels (qui génèrent une domination culturelle notamment américaine)
des flux financiers (plus de 1 500 milliards de $ par jour)
des flux illicites (contrefaçon, contrebande, trafic de drogues, d’armes,...) qui représenteraient 15% des échanges.
L’intensification des échanges favorisent le développement des façades maritimes et des régions transfrontalières.
* Des flux à l’origine de nouveaux réseaux
La multiplication des flux s’explique par les progrès des transports et la diminution de leur coût. Le transport maritime assure désormais 80% des transports intercontinentaux notamment grâce au développement des conteneurs et du transport multimodal. Le transport aérien s’est considérablement développé et démocratisé.
Grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, toutes sortes de données et d’informations circulent instantanément d’où l’impression de vivre dans un "village mondial". Elles dessinent un nouvel espace : le cyberespace.
* Les acteurs de la mondialisation
- Les acteurs qui tirent profit de la mondialisation
Les firmes transnationales favorisent la division internationale du travail. Elles réalisent plus de la moitié des échanges et 20% du PIB mondial.
- Les acteurs cherchant à réguler la mondialisation
* L’Organisation Mondiale du Commerce est chargée de fixer les règles du commerce international et de régler les différends entre les pays.
* La Banque Mondiale a été créée pour lutter contre la pauvreté en finançant les Etats.
* Des organisations économiques régionales (comme l’Union Européenne) se sont constituées pour développer les échanges entre leurs membres et peser d’un poids plus important lors des négociations internationales.
* Les Etats cherchent à défendre leurs intérêts face à la mondialisation ou à en limiter les conséquences.
- Les opposants à la mondialisation
Des mouvements altermondialistes et des ONG dénoncent les dérives de la mondialisation libérale. Ils réclament une autre mondialisation plus respectueuse des hommes et de l’environnement.
Un croquis pour résumer :

Un point sur les notions à maîtriser :
* Mondialisation :
La mondialisation désigne l’échange généralisé entre les différentes parties de la planète et elle implique différents acteurs. Elle résulte de l’extension progressive depuis plusieurs siècles du capitalisme à l’ensemble de l’espace mondial. Elle est liée à l’urbanisation, à l’industrialisation et à la circulation accélérée des hommes et des biens grâce aux progrès du libre-échange. Certaines parties du monde restent cependant en marge de la mondialisation.
* Flux :
Un flux est un déplacement de personnes, de marchandises, de données immatérielles (flux financiers ou d’informations) sous des volumes plus ou moins importants. Ces flux empruntent des réseaux. Les flux s’exercent à différentes échelles (du local à l’international).
* Réseaux :
Un réseau est un ensemble de système de transports ou de liens de connexions plus ou moins complexes. La circulation des flux est organisée par les réseaux qui maillent l’espace. En géographie, ce terme désigne les infrastructures qui peuvent mettre matériellement en relation des territoires, par exemple réseau ferré ou routier. Il désigne aussi des liens immatériels comme des relations de services, d’informations : réseaux des bourses, réseaux urbains.
* Acteurs spatiaux :
Les acteurs spatiaux sont des individus ou des structures qui agissent sur l’espace géographique selon leurs moyens et leurs stratégies.
* Transnational :
On qualifie ainsi tout ce qui dépasse les limites nationales et tend à un espace d’action planétaire. Le terme est surtout employé pour des entreprises exerçant leurs activités dans plusieurs états, directement ou par l’intermédiaire de leurs filiales. On parle de FTN (firmes transnationales) qui jouent la concurrence entre les territoires et organisent leur propre division du travail entre les lieux de décision, de conception et de production.
* Des pays producteurs localisés au sud
Le café est une plante tropicale qui fait l’objet d’un commerce depuis l’époque coloniale.
C’est le 2° produit échangé dans le monde après le pétrole.
Son aire de production se localise dans une large bande de part et d’autre de l’équateur ("la ceinture du café") dans les pays du "Sud", en Amérique latine (Brésil, Colombie, Mexique,...), en Afrique (Ethiopie notamment), en Asie du Sud et du Sud-Est (Vietnam, Indonésie principalement). Le Brésil domine, suivi du Vietnam (apparu récemment) ; la part de l’Afrique se réduit.
* Répartition de la production caféière :
Amérique latine : 63%
Asie/Pacifique : 24%
Afrique : 13%
La production de café augmente en volume, au bénéfice de la variété arabica (qui est un café doux et de meilleure qualité), alors que la part du robusta (qui est un café riche en caféine et de moins bonne qualité) se réduit.
Plus de 125 millions de personnes en assurent la culture. Elle peut s’associer à l’agriculture vivrière mais le café peut être aussi produit dans de vastes plantations (notamment au Brésil).
Les premières étapes de sa transformation ont lieu dans ces pays et nécessite beaucoup de main d’oeuvre.
* Un marché dominé par quelques firmes multinationales
La production de café est destinée à 85% aux consommateurs des pays du "Nord" (Amérique du Nord, Union Européenne, Japon).
Les récoltes peuvent varier dans de fortes proportions si bien que les prix varient à la bourse de New-York et de Londres en fonction de l’offre et de la demande. Ces fluctuations sont amplifiées par la spéculation.
Une poignée de multinationales des pays développés dominent ce marché.
* Quel avenir pour ce marché ?
La surproduction a provoqué une importante chute des prix. Pour sortir de la crise, il faudrait :
réduire l’offre
développer une production de qualité
conquérir de nouveaux marchés.
On a pensé que le développement du commerce équitable devrait permettre d’améliorer la situation des petits producteurs. Ce concept a été développé par l’association Max Havelaar. Cependant celle-ci n’est pas contrôlée par un organisme indépendant. De plus ce type de commerce se développe lentement.
On voudrait développer la culture du café OGM. Cela devrait permettre de mécaniser la cueillette, mais cela va supprimer des millions d’emplois ; cela est peut-être dangereux pour la santé humaine et risque de contaminer la production des agriculteurs biologiques.
Un croquis pour résumer :

* Internet révolutionne la communication et la connaissance
Constitué à l’origine pour des besoins militaires, le réseau a été utilisé par les milieux scientifiques et universitaires puis s’est étendu à des usages commerciaux et privés. Il permet des échanges instantanés de messages, d’informations et de fichiers.
Il repose sur l’interconnexion de nombreux réseaux à l’échelle mondiale.
La transmission des informations par Internet connait aujourd’hui une explosion en particulier entre les grandes métropoles et les zones les plus actives de l’économie mondiale. Aujourd’hui, un milliard d’internautes l’utilisent. En France, on compte 27 millions d’internautes (55% de la population) et ce chiffre est en progression rapide.
L’e-commerce connait un développement.
Internet donne un accès plus large à la connaissance, grâce à de nombreux sites consacrés à l’enseignement et à l’accès au savoir.
* Une révolution inégalement partagée
Les taux d’équipement en matériel informatique et la fréquentation d’Internet sont assez étroitement dépendants du niveau de développement des pays : en ce sens la première fracture numérique est d’abord une fracture Nord/Sud, même si parfois les cybercafés rendent possibles un accès à Internet sans possession d’un ordinateur. L’Afrique reste encore très en retard dans ce domaine. Pour réduire cette fracture, un ordinateur peu coûteux a été créé. La censure politique limite l’accès à Internet dans certains pays comme la Chine.
La seconde fracture numérique est à la fois sociale (on compte plus d’internautes parmi les foyers où les niveaux de revenus et d’instruction sont élevés) et générationnelle (80% des interanutes dans l’Union Européenne ont entre 16 et 34 ans).
* L’Internet en quelques chiffres (2006) :
plus d’un milliard d’interanutes dans le monde
100 millions de sites web
20% de la population mondiale a accès à Internet
3,5% des Africains ont accès à Internet
81% des jeunes Français de 13 à 24 ans ont accès à Internet.
* Un réseau hiérarchisé
Internet est contrôlé par des grands groupes pour la plupart américains (AOL, Yahoo, Microsoft).
L’ICANN, organisme privé californien, gère les noms de domaines et les systèmes d’adresses.
Cette hégémonie américaine est désormais contestée.
Un croquis pour résumer :
